dimanche 25 juin 2017

N° 507 – Comix Zone





Titre : Comix Zone
Plate-forme : Sega Mega Drive
Date de sortie : 2 Août 1995
Développeur : Sega Technical Institute
Éditeur : Sega










Si je devais trouver un sous-titre à ce jeu ce serait ''vraiment dommage''... Pourquoi donc ? Parce que c'est un véritable chef d’œuvre qui a été totalement oublié par l'histoire du jeu vidéo. Si on vous demande de citer un des meilleurs jeux de la Mega Drive, vous aurez en tête tous les Sonic bien sûr, mais encore After Burner, Road Rash, ou quelques grands jeux à licences. Mais le gros problème c'est que ce jeu est sortit beaucoup trop tard. Et bien que la presse de l'époque ait salué sa sortie, l'arrivée de la première Playstation et de la Sega Saturn ont bient caché ce petit bijou.

Le premier point sur lequel je dois m'attarder est le concept même du jeu : Vous êtes un dessinateur de BD qui s'est retrouvé emprisonné dans son propre univers. État moi même amateur de dessin, je trouve le concept absolument génial. Pour revoir le scénario de façon rapide, le méchant dessiné par Sketch Turner, Mortus, s'échappe de sa planche lors d'un orage et se sert de cette occasion pour rejoindre notre monde. Décidément, les orages dans les années 90, ça faisait de sacrés dégâts ! Mais pour exister pleinement, Mortus doit supprimer son créateur. Et comme il ne peut le faire directement, il prend lui-même la plume et dessine les ennemis au fur et à mesure pour tuer Sketch. Le scénario est techniquement plus complexe vu qu'il y a le scénario principal (la survie de Sketch) et le scénario de sa propre BD dans lequel les derniers survivants de la race humaine sont sous le commandement d'Alyssa Cyan, un des alliés de Sketch, mène ses troupes dans un monde post-apocalyptique. Vous devrez donc sortir de la BD, vaincre Mortus et même développer une certaine romance avec Alyssa.
Premier point absolument génial donc, les deux scénarii se confondent ! À aucun moment on ne perd l'intrigue et l'assimilation des informations se fait naturellement.


Niveau sonore, j'ai lu dans un des livres de Pix'n Love (une série de livres sur les secrets de fabrication des jeux vidéos) que le projet du jeu datait de 1992 et qu'il était totalement différent de ce que nous avons aujourd'hui. Les développeurs voulaient une ambiance typée hip-hop mais avec l'avancée du développement, le ton est passé au rock'n roll car le personnage devait selon son créateur _''passer de décontracté à badass''. Le style devait donc accrocher à cette nouvelle esthétique. Petite anecdote intéressante :) Bref, je n'ai rien à redire sur la qualité du son, surtout pas sur le son de la Mega Drive qui je trouve est génial. On sent parfaitement l'inspiration rock et badass du titre. Et pour montrer à quel point le son est d'enfer, on peut même entendre des voix digitalisées sur l'écran Segaaaaaa. Sauf que c'est pas Segaaaaaa mais Test un deux Seeega avec une petite guitare acoustique derrière. Je crois qu'ils se sont vraiment trop crus à un concert d'Elvis !

Niveau graphismes, c'est techniquement très impressionnant. Les reflets de l'eau sont magnifiques, les décors malgré qu'ils soient en arrière plan sont superbes et animés, les animations sont juste fantastiques (je suis très fan notamment de comment notre personnage bouge et se bat). Mais le meilleur, c'est l'aspect graphique des niveaux. Je m'explique : comme nous sommes dans une bande-dessinée, nous évoluons de cases en cases comme dans un comics. Et ce point de vue est merveilleusement orchestré. Tantôt vous passez par dessus la ligne magique (un autre nom donné au découpage des cases dans une BD), tantôt vous passez par une bouche d’égout, tantôt vous vous battez contre un ennemi et vos coups sont tellement puissants que votre ennemi déchire les lignes blanches !!!!! Ce style de combat illustre parfaitement le style ''badass'' que Peter Morawiec (son créateur) voulait lui donner.


D'ailleurs niveau combat, j'enchaîne avec le gameplay du jeu. Contrairement à un Streets of Rage ou Double Dragon où on évolue dans un monde en 3D isométrique, ici nous sommes dans un monde en 2D pure et dure. Je pense que c'est pour que la linéarité du jeu soit cohérente. Du coup, dès le premier niveau sobrement intitulé la nuit des morts-vivants ( vous êtes sûrs que Sketch c'est pas plutôt George Romero ?) Alyssa vous propose de vous saisir de trois objets pour vous aider. Une potion de vie, un bâton de dynamite et un couteau. Vu à quel point ils étaient utiles dans Streets of Rage, je prends ^^ Plus loin, vous récupérez votre deuxième allié, Roadkill, votre rat de compagnie. Il vous servira notamment à résoudre des énigmes car vous ne pourrez accéder à la case suivante que si vous avez battu tous les ennemis ou résolu l'énigme (comme allumer un levier pour ouvrir une trappe). Vous avez également la possibilité de taper avec un très grand éventail de coups dignes d'un Street Fighter, d'activer votre garde et enfin de sauter.
Euh... ça fait beaucoup non ? T'es sur qu'on est sur Mega Drive ? Parce que pour rappel il n'y a que trois boutons sur ce pad, A, B et C. Pas de panique ! Le jeu est évidemment jouable avec une manette trois boutons mais sachez que Sega a crée des manettes à six boutons avec en plus X, Y et Z, comme sur la Saturn. Ainsi, les objets que j'ai mentionné seront affiliés à un de ces boutons raccourcis.


Mais alors, graphismes magnifiques, ambiance géniale, gameplay aux petits oignons, pourquoi ce jeu est-il tombé autant dans l'oubli ? Je pense que c'est à cause de sa durée de vie. Le jeu est divisé en 6 niveaux et chacun est divisé en deux planches. Et si on cherche quelques vidéos de longplays sur Youtube, on peut se contenter d'une demie heure pour terminer l'histoire du jeu. Enfin... ça c'est pour ceux qui connaissent le jeu sur le bouts des doigts. Car petit détail, c'est pas grand chose vraiment, juste un petit truc de rien du tout : LE JEU EST D'UNE DIFFICULTÉ SADIQUE !!!! Déjà, les ennemis que Mortus dessinent sont super durs à battre. Ensuite, concernant les énigmes, sont c'est digne d'un Tomb Raider tellement c'est improbable, soit c'est trop facile, donc qu'il y a un piège quelque part. Par exemple, une des premières cases, on appuie sur un levier qui ouvre une trappe pour aller à la case suivante, pas de problèmes. Mais deux cases plus loin, une autre trappe avec un levier, ce coup-ci trop haut pour l'atteindre mais avec une caisse. La trappe s'ouvre sans problèmes, on saute naturellement comme tout à l'heure. ET BIM ! Deux barils enflammés à la réception, aucun moyen de les éviter. C'est limite digne du Die and Retry. Bon après, je suis nul vu que tout le monde est extrêmement bavard dans ce jeu. Les ennemis nous envoient des répliques poignantes comme dans un film de Marvel, Sketch pense des fois à voix haute et même Alyssa vous donne des conseils par radio. Et je n'ai même pas l'excuse de la langue puisque attention, le jeu est en français !

Ne vous faites pas avoir comme moi :p

Enfin bref. Je jeu est absolument génial. J'adore l'esthétisme et l'ambiance du jeu mais j'adore particulièrement la variété des coups disponibles et la fluidité des mouvements qui le rend bien plus dynamique que n'importe quel jeu de combat de l'époque (surtout Virtua Fighter qui malgré sa 3D naissante et révolutionnaire ramait de façon extraordinairement frustrante). Mais la difficulté et la présence d'un faible nombre de niveau est vraiment frustrant. Ce n'est même pas comme un jeu excellent dans lequel on aurait pas vu le temps passer et qu'on en voudrait encore, non. Ici, on a même pas pu apprécier toute la finesse du jeu et on en redemande après les hors d’œuvres. C'est ça ! Hors d’œuvres, ce jeu n'est qu'une mise en bouche... Et quand on sait que c'est tout de même une vraie perle, c'est vraiment dommage... C'est pourquoi je vous recommande vivement ce jeu si vous avez encore la console car il vaut vraiment le détour.

Oh et vous savez quel est le détail qui m'impressionne le plus dans ce jeu ? C'est que la totalité de la trame scénaristique et du concept même du jeu est tirée du clip de la chanson Take on Me du groupe A-ha. Est-ce que c'est pas un peu la méga classe ? Je l'ai même retrouvé pour vous ;)




Note JV.com : 16/20
Note moyenne des lecteurs JV.com : 16,5/20
Note Jeuxvidéo.fr : N/D
Note Gamekult.com : 7,5/10 
Note Personnelle : 16/20


N'hésitez pas à faire part de votre ressenti sur ce jeu si vous y avez déjà joué, ou ce que vous avez pensé de la critique dans les commentaires ! :) 

vendredi 9 juin 2017

Le Normandy Geek arrive sur Youtube !

Salutations Internet ! 

Pour les besoins du blog, j'ai crée une petite chaîne Youtube pour pouvoir héberger les musiques et extraits vidéos utilisés pour mes articles. Et qui sait, elle servira peut être à la réalisation de vidéos autonomes ? ;) Surtout que je vais avoir pas mal de temps libre cet été alors, restez à l'affût ! :D

Pour rejoindre la chaîne, c'est par ici. ;)


L'Histoire d'Astérix en jeux vidéos - Episode 8

Rétrospective Astérix – 1983 à 2017

Sega, c'est plus fort que toi !

1991 est décidément une très bonne année pour Astérix. L'album La Rose et le Glaive se vend à plus de deux millions d'exemplaires, son parc à thème accueille plus d'1,4 million de visiteurs, Konami développe un des meilleurs jeux d'arcade du moment et voici que Sega développe à son tour un jeu qui restera dans les mémoires comme un des meilleurs jeux de la Master System.

Épisode 8 : Astérix – Master System, Game Gear– 1991.





Ce n'est pas une excellente année que pour Astérix, puisque Sega enchaîne également les hits notamment avec Sonic the Hedgehog. Sega Europe en profitera pour redonner de la popularité à la firme et sa console 8Bits en adaptant une des mascottes les plus populaires d'Europe, Astérix le Gaulois. Le jeu est encore aujourd'hui considéré comme un des meilleurs jeux de son support et pour cause, le directeur de développement du jeu n'était autre que Tomozou Endo à qui l'on doit entre autre le jeu sur Michael Jackson, Moonwalker et Castle of Illusion Starring Mickey Mouse. Un curriculum vitae qui pèse donc. Le jeu n'a été distribué qu'en Europe et en Amérique latine, l'oncle Sam et le pays du soleil levant n'ont donc pas pu connaître la notoriété du jeu avant l'arrivée d'Internet...





Si le jeu a tellement marqué les esprits, c'est non seulement dans sa réalisation globale mais également parce qu'il respecte l'univers dont il est tiré d'une façon exemplaire. Concernant le système de jeu, vous avez la possibilité de choisir d'incarner Astérix ou Obélix au début de chaque niveau (à l'exception du premier acte qui fait office de tutoriel). Idéfix est également jouable, lorsque vous collectez 25 os durant les niveaux classiques, vous avez accès à un niveau bonus qui vous permettra de faire le plein de pièces, de sangliers et de vies supplémentaires.


Quand on voit la faculté de changer de personnage, on pourrait s'attendre à une bête différence graphique comme le choix d'incarner Mario ou Luigi dans le premier Super Mario Bros. Mais non, chaque personnage a ses propres caractéristiques. Astérix et est plus petit qu'Obélix, peut se faufiler dans des passages étroits et il peut utiliser des potions qui lui servent d'explosifs (un peu comme dans Castlevania sur NES). Obélix lui est plus fort et peut démolir les blocs de pierres d'un coup de poing, là où Astérix doit utiliser ses explosifs. Il peut également se servir d'un menhir comme projectile à faible portée, ce qui peut notamment servir pour créer une plate-forme éphémère sur l'eau.

De plus, le jeu se sert de cette dualité de gameplay pour proposer deux niveaux totalement distincts. Là où Astérix aura un niveau dans une grotte faisant penser aux souterrains dans Super Mario Bros., Obélix sera dans la même grotte mais sous l'eau comme dans les niveaux aquatiques de Super Mario Bros.

Un romain déguisé en fleur qui sort de terre, quelle idée saugrenue ! ^_^

Ce mur ne résistera pas à quelqu'un de suffisamment gr... fort,
suffisamment fort, c'est ça !

Vous l'aurez compris, en terme de gameplay Astérix emprunte beaucoup à Super Mario Bros. qui a posé toutes les bases du jeu de plate-forme 2D moderne. Toutefois il emprunte à beaucoup d'autres jeux, notamment à Castlevania pour les potions, mais aussi à Power Blade sur NES dont le but est de trouver une clé qui permettra d'ouvrir la porte vers le niveau suivant. En effet, à côté des niveaux classiques à scrolling horizontal, le but de certains niveaux sera de trouver une clé pour progresser dans l'aventure.


Un gameplay savamment dosé, riche et surtout précis. Les sauts sont facilement gérables à la manière d'un Super Mario Bros. et la difficulté est correctement dosée et progressive. Sachant que la manière
de combattre les boss change également d'un boss à l'autre. Par exemple le premier boss, un sanglier, doit être battu en le frappant tout bêtement tandis que le second boss, une sorte de lutin-gaulois, sort de trous en trois exemplaires et il faut frapper le bon pour lui infliger des dégâts.




Les niveaux sont entrecoupés de petites vignettes qui font énormément penser à la BD et le trait d'Uderzo est extrêmement bien respecté. Tant par les ''cinématiques'' que par les niveaux. L'aspect des romains est très fidèle, tout comme le level design des niveaux. Toutefois, bien que le jeu soit excellent, il faut reconnaître qu'il emprunte un peu trop à son modèle Super Mario Bros. Des niveaux à scrolling imposé, des niveaux sous-marins, des blocs de pierre et des pièces, des puits à la place des tuyaux... S'il y avait un reproche à faire au jeu, ce serait bien de trop s'inspirer de son modèle... Même l'histoire est un ersatz du kidnapping de la princesse Peach, le scénario est identique sauf qu'au lieu de Bowser on a Jules César et au lieu de Peach, le pauvre druide Panoramix.



Un scénario pourtant classique et dans la norme puisque quand on y réfléchit, beaucoup de jeux de cette époque ne se résumaient qu'à sauver quelqu'un (Double Dragon, Super Mario Bros., Puzzle Bobble, etc).

On s'attendrai presque à croiser un banc de Cheep Cheep.
Une cinématique sur Master System.


Pour ce qui est du sound design, les musiques sont d'une remarquable qualité. Les thèmes passent sans soucis du gai et enjoué à oppressant et sinistre. Chaque musique sait s'adapter à la situation comme le ferait Super Mario Bros. Et alors que copier son aîné lui faisait défaut dans les autres points, retrouver cette même sensation de musiques parfaitement adaptées lui vaut un point d'honneur.

Enfin, la durée de vie du jeu est excellente. Elle est rallongée d'une part par les niveaux bonus avec Idéfix. Mais également par le fait que le niveau soit différent selon que l'on prenne Astérix ou Obélix. Ainsi, ayant fini le jeu une première fois avec un certain personnage, on peut être tenté de recommencer le jeu avec l'autre personnage et avoir accès aux autres niveaux. Rejouer au jeu par plaisir ou par nostalgie devient alors très agréable.

Pour conclure, Astérix sur Master System est un excellent jeu en tout points. Sans égaler la version arcade de la même année, il s'impose quand même comme un must-have de la console. Musiques excellentes, graphismes étonnamment fidèles (vu les capacités techniques de la console), scénario classique sans risque et excellente durée de vie, Astérix semble être bien parti pour marquer l'Histoire du jeu vidéo. Enfin, cela va-t-il durer ?

À suivre.


Fiche Technique :
Nom : Astérix 
Date de sortie en France : 1991
Éditeur : Sega Europe
Développeur : Sega
Intérêt en ludothèque : 5/5
Intérêt en Collection : 2/5
Côte : 5€ en loose
          15€ complet

Sources : 
101Hardcore_Gaming.net, article Astérix.
Astérix.com, section le musée des jeux vidéos